Il était grand temps que je chronique mes découvertes littéraires, mais aussi musicales et cinématographiques. Je vous retrouve donc aujourd’hui pour vous parler de mes coups de cœur culturels de la première moitié de l’année 2020. Un prochain article suivra concernant les autres bonnes surprises littéraires que j’ai eu pendant ces six mois.

Mes coups de cœur littéraires

Miss Islande, de Auður Ava Ólafsdóttir

En première place de cette catégorie, j’aimerais vous parler de l’excellent roman Miss Islande, qui a remporté le Prix Médicis Étranger 2019. L’autrice islandaise vivant à Reykjavik rencontre actuellement un beau succès, amplement mérité.

Résumé proposé par l’éditeur

Islande, 1963 – cent quatre-vingt mille habitants à peine, un prix Nobel de littérature, une base américaine, deux avions transatlantiques, voilà pour le décor. Hekla, vingt et un ans, emballe quelques affaires, sa machine à écrire, laisse derrière elle la ferme de ses parents et prend le car pour Reykjavík avec quatre manuscrits au fond de sa valise. Il est temps pour elle d’accomplir son destin : elle sera écrivain.

Avec son prénom de volcan, Hekla bouillonne d’énergie créatrice, entraînant avec elle Ísey, l’amie d’enfance qui s’évade par les mots – ceux qu’on dit et ceux qu’on ne dit pas –, et son cher Jón John, qui rêve de stylisme entre deux campagnes de pêche…

Quant à ma critique :

Miss Islande est un roman qui sent les embruns et l’iode. Pas de station balnéaire, mais plutôt des “stations baleinières”, des fermes de moutons, des bateaux qui embarquent et repartent, des éruptions et tremblements de terre réguliers. Bienvenue en Islande.

Peu habituée à la littérature nordique, j’ai eu un peu de mal à rentrer dans l’atmosphère particulière de ce livre. Toutefois, je me suis très rapidement attachée aux personnages et à l’écriture très poétique. Car c’est aussi un livre qui parle de littérature. Hekla est une jeune femme de vingt-et-un ans, fermière le jour et poétesse la nuit. Elle met en pause la traite des brebis pour noter quelques mots, elle lit Joyce en anglais dans le bus, écrit sur sa machine à écrire dès qu’elle peut. Déjà publiée sous pseudonyme, elle quitte tout pour s’installer à Reykjavík, la capitale de l’Islande, et faire carrière dans la littérature. Libre dans son écriture, elle doit toutefois trouver un travail de serveuse qui lui impose de nombreuses contraintes : clients harceleurs, obligation de porter une jupe…

On suit en parallèle Jón John, son meilleur ami. Passionné de dessin et de stylisme, il rêve d’être engagé en tant que costumier au théâtre, mais ne trouve de travail que sur les bateaux, où il doit gérer de front un mal de mer atroce et une homophobie affichée de ses collègues. De retour à la ville, c’est les mères de famille et leurs enfants qui le mettent à l’écart, rappel d’un temps où homosexualité et pédophilie étaient encore amalgamés.

De belles relations

Hekla a une relation très forte et très belle avec son meilleur ami. L’une n’est pas libre car elle est une femme, l’autre ne l’est pas non plus car il est homosexuel. Ils sont les piliers l’un de l’autre. D’ailleurs, lorsque Hekla rencontre un poète qui devient “son amoureux”, elle continue d’appeler celui-ci “son poète”, tandis que Jón John reste “son marin”. Cet amoureux paraît d’ailleurs terriblement fade par rapport à elle : il écrit peu, moins bien qu’elle, ne s’imagine pas une seconde qu’une femme puisse également écrire, et surtout, il est triste qu’elle ne fasse pas la cuisine « au moins de temps en temps » comme le devrait une bonne épouse. Il est toutefois attachant, dans sa désillusion quant a ses qualités d’écrivain et dans la non-compréhension de la liberté de son épouse.

J’ai également adoré le personnage d’Isey, meilleure amie de Hekla. Coincée dans ses obligations de jeune maman, alternant entre la cuisine, l’allaitement, et le ménage pour son mari peu présent, elle écrit des poèmes en cachette et est un soutient infaillible pour Hekla, tant dans sa carrière de poétesse que dans ses choix personnels.

Une écrivaine qui donne envie de découvrir d’autres écirvaines

Enfin, je ne peux terminer cette critique sans évoquer le plaidoyer magnifique pour les femmes écrivaines que constitue ce roman – lui-même écrit par une femme d’ailleurs. D’une part, les barrières qui empêchent les écrivaines de connaître le succès sont explicitées au travers du parcours de notre héroïne, et d’autre part, il y a plusieurs passages où Jón John ou le père d’Hekla lui offrent « des livres écrits par des femmes », pour l’inspirer et qu’elle ne se sente pas seule. Je me suis bien-sûr reconnue, arpentant les librairies ou les bibliothèques à la recherche d’écrivaines… Cette fois, grâce à Hekla, j’ai découvert une grande autrice que je relirai avec plaisir : Auður Ava Ólafsdóttir.

Je vous conseille vivement ce livre qui est pour moi une ode à la liberté des femmes et des hommes.

Et le désert disparaîtra, de Marie Pavlenko

Je continue cette liste de livres qui m’ont marquée avec un roman jeunesse, ou du moins étiqueté comme “jeunesse”, car il me paraît adapté à tous les publics. C’est également un livre féministe avec des personnages féminins forts. Son autrice, Marie Pavlenko, est une écrivaine française lauréate du prix Babélio 2019.

Voici le résumé proposé par l’éditeur :

Samaa vit dans un monde qui pourrait être le nôtre dans quelques siècles. La vie a presque entièrement disparu de la surface de la Terre.
Le sable a tout dévoré.
Elle appartient à une tribu nomade. Pour survivre, son peuple traque les derniers arbres et vend leur bois.
Samaa aimerait être une chasseuse, elle aussi, mais c’est une charge d’hommes.
Alors, un jour, elle désobéit et suit les chasseurs.
Mais le désert a mille visages.
Elle se perd, et tombe dans une trouée.
Au fond, un arbre. Gigantesque.
Coincée là, blessée, Samaa va peu à peu réaliser que tout ce en quoi elle croit est faux.
Elle changera le destin de sa tribu à jamais.

Mon avis

On m’avait conseillé ce livre comme “un roman jeunesse à mettre entre les mains de tous les lecteurs, même ceux qui se tourneraient à priori vers d’autres genres”. J’avais vaguement compris que c’était une dystopie et qu’il était question d’écologie. Cela m’avait donné envie de le lire, mais je ne savais pas à quoi m’attendre, surtout d’un livre aussi court (240 pages en format papier en “grande police” et seulement 90 pages en format epub).

Eh bien, ce livre fut une très belle surprise ! J’ai tout de suite été immergée dans le monde futuriste dépeint par Marie Pavlenko : les continents ont laissé place à un immense désert, avec quelques rares villes faites de bâtiments bétonnés et de dédales souterrains. En outre, il n’y a plus d’eau : les quelques sources restantes sont asséchées et l’eau et l’oxygène sont transformés en bouillie gélifiée, rationnée pour chaque habitant. Les hommes chassent les derniers arbres contre un peu de gel d’oxygène et de protéines, sans quoi la famine et l’asphyxie tuent une grande partie de leur village. Les femmes tissent les quelques fibres ramenées de la ville en échange du bois coupé. Mais les arbres et les sources disparaissent petit à petit. Que deviendront les humains ?

Une ode à la nature

Ce livre est une très belle ode à la nature, qui soigne, nourrit les humains mais aussi les animaux, offre de l’ombre quand le soleil tape trop fort, et se reproduit seule, lorsqu’on lui en laisse le temps. Contrairement à certains livres beaucoup plus engagés où on se dit que c’est exagéré, c’est seulement un scénario catastrophe, l’autrice nous emmène par la main dans un monde où les humains ont simplement oublié qu’avant, on protégeait les arbres et les animaux car ils étaient nécessaires à notre survie. On se rend compte petit à petit de toutes les “petites” conséquences qui impacteront les générations à venir si la planète ne se refait pas une santé rapidement, de la chance qu’on aura eu, de se faire mordre par une fourmi rouge, ou de pouvoir boire quand on avait soif.

J’ai adoré les trois personnages de femmes qui portent ce roman : Samaa, l’héroïne au coeur sincère, qui rêve d’avoir les mêmes droits que les hommes, mais aussi sa maman, qui la laisse en secret acquérir des compétences masculines (grimper haut, savoir lire) et la renseigne sur la fonctionnement de la communauté, et enfin l’Ancienne, vieille femme centenaire, qui a connu le monde “d’avant”, et qui raconte à qui veut l’entendre comment c’était avant : les animaux, les nuages qui pleuvaient, les racines qui portaient l’eau…

Je pense que ce livre peut plaire autant aux jeunes qu’aux adultes, tant la narration est fluide et belle. J’ai été moi-même surprise d’avoir les larmes aux yeux lorsqu’il est question des souffrances des arbres… On est loin du manifeste écolo grossièrement déguisé en roman.

J’ai appris à la fin du livre que Marie Pavlenko est engagée auprès de diverses associations écologistes. Une raison de plus pour lire d’autres livres de cette autrice !

De père en FIV, de William Roy

Autre livre qui m’a marquée pendant ce début de 2020, la bande-dessinée de William Roy qui évoque son infertilité et son recours à la FIV.

De père en FIV est une jolie BD autobiographique sur la fécondation in vitro. Je l’ai trouvée juste et sincère. L’auteur y aborde la découverte de sa stérilité, les parcours médicaux et les médecins pas toujours compétents, la honte d’en parler à ses amis puis leur soutien et leurs conseils…

C’est assez instructif d’un point de vue scientifique, et on découvre également la difficulté émotionnelle, entre espoir permanent et tests de grossesse toujours négatifs. le couple est attachant, les protagonistes se soutiennent réellement. J’ai aussi bien aimé le personnage du Dr Beeuuaar, scientifique vulgaire (euh, vulgarisateur) qui m’a beaucoup fait rire.

Le parallèle que l’auteur fait entre sa (peut-être) future paternité et sa relation avec son propre père est également très juste, sans grands sentiments hollywoodiens. Plus ou moins abandonné par celui-ci lors de son divorce avec la mère de l’auteur, il ne recontacte son fils que par lettres avec accusé de réception -et avocats interposés-, pour tenter de se soustraire à sa pension alimentaire… J’ai aimé qu’on nous épargne le sempiternel pardon et le sermon sur les liens du sang, et que l’auteur décide de mener sa vie avec les uniquement les gens qui ont été là pour lui. Il montre clairement que son couple et son envie de bébé priment mille fois sur les remords d’un homme toxique. Merci pour ça !

Et enfin, j’ai apprécié que l’auteur mette en lumière sa relation avec le compagnon de sa mère, qui l’a élevé et aimé comme son propre fils. Une fois encore, c’est très touchant et ça fait du bien de lire ce genre d’histoires !

Les deux vies de Baudoin, de Fabien Toulmé

Une autre bande-dessinée qui m’a beaucoup aimée, de Fabien Toulmé dont j’avais également adoré Ce n’est pas toi que j’attendais, sur la naissance de sa fille porteuse de la Trisomie 21. Voici le résumé proposé par l’éditeur :

Baudouin est un trentenaire solitaire, enfermé dans un quotidien monotone. Son frère, Luc, est à l’inverse un esprit libre, voyageur et séducteur. Un jour, Baudouin se découvre une tumeur qui ne lui laisse que quelques mois à vivre. L’anti-héros décide alors de tout plaquer pour partir avec son frère.
Un récit touchant sur les liens familiaux et sur le thème universel de la réalisation personnelle.

Difficile d’en dire plus sans vous divulgâcher (ou spoiler pour les anglophones ;)) la bande-dessinée. J’ai été totalement happée par l’histoire et les dessins et je recommande cette lecture qui donne envie de faire aujourd’hui ce qu’on ne pourra peut-être pas faire demain !

La salope éthique : guide pratique pour des relations libres sereines, de Dossie Easton et Janet Hardy

Alors cette fois nous sautons du coq à l’âne – sans mauvais jeu de mot – car je ne pouvais terminer cette sélection de mes meilleures lectures de septembre à juin 2020 sans évoquer ce guide relationnel qui m’a à la fois passionnée et faite mourir de rire.

Plus qu’un guide pour des relations libres, ce livre est une mine d’or de conseils pour toutes les relations amoureuses ou sexuelles, poly- ou monogames. C’est d’ailleurs ce qui m’a peut-être le plus étonnée : les autrices ont un profond respect tant pour l’hétérosexualité que pour la monogamie. Peu importe que vous aimiez le fondant au chocolat ou la glace à la vanille (ou alors les plateaux de 15 cupcakes appétissants), l’important est que ça vous convienne.

En effet, le principe de ce livre repose sur l’éthique des personnes impliquées dans la relation, et ça commence par l’honnêteté et le consentement. De nombreuses pages abordent ces thèmes, sous différents angles et chapitres afin que les personnes puissent directement aller se renseigner sur leur situation en particulier.

Gestion de la jalousie, de la routine, des disputes, d’une différence de désir entre les partenaires… De nombreux thèmes inhérents aux relations y sont abordés, toujours de manière très drôle, en enlevant toute pression ou tabou, avec de nombreux conseils pratiques simples à mettre en place.
Les autrices reviennent très régulièrement sur l’importance du “Safer Sex”, à savoir une sexualité protégée pour la bonne santé de tous les partenaires. De même, elles décomplexent totalement la sexualité féminine, et abordent le sujet des relations libres avec tellement de justesse et d’humour que toute tentative de jugement de la part du lecteur est vite avortée.

Un livre très drôle

Car, précisons-le, j’ai énormément ri en lisant ce livre. Les autrices vont de punchline en punchline, usant des métaphores les plus saugrenues pour nous expliquer les choses le plus simplement possible. A noter également que ce livre peut se lire comme un guide, en lisant un chapitre de temps en temps en fonction des situations auxquelles on est confronté, mais pour ma part je l’ai lu comme un roman (ma vieille liseuse ne me proposant d’autre choix que lire la page suivante ou précédente). Eh bien, c’était parfait. En dehors de quelques redites nécessaires (consentement et Safer Sex notamment), c’était une très agréable lecture, que je conseille à tout le monde, quelles que soient vos relations, pour peu que le sujet ne vous fasse pas sauter au plafond 😉

Mes coups de coeur cinématographiques

Je vous présente 3 films et 3 séries qui m’ont énormément plu et que je vous conseille vivement.

Wadjda, de Haifaa El Mansour

Un des premiers films saoudiens mais aussi le premier film saoudien réalisé par une femme, Wadja raconte l’histoire d’une fillette avec du caractère qui rêve de faire du vélo alors que c’est strictement réservé aux garçons. C’est l’occasion pour la réalisatrice Haifaa El Mansour de réaliser un portrait très intéressant de l’Arabie Saoudite, tiraillée entre tradition, religion mais aussi une modernité très présente et souvent passée sous silence dans les médias occidentaux. C’est un film poétique, drôle, féministe et garanti sans cliché !

Crip Camp, de N. Newbham et J. Lebrecht

Un documentaire passionnant sur une colonie de vacances pour personnes handicapées dans les années 70 aux Etats-Unis, où les moniteurs et monitrices vont donner une autonomie incroyable aux pensionnaires habitués à être maternés et empêchés de faire toute chose qui serait trop inadaptée ou trop fatigante. Ils seront d’ailleurs à l’origine d’un long combat pour la reconnaissance des droits des personnes handicapées.
J’ai aimé que ce film donne la parole à des gens aux handicaps variés et parfois très lourds, en évitant la condescendance et la pitié qu’on voit trop souvent dans le films et séries. C’est également un film puissant sur la solidarité et les luttes pour obtenir plus de droits.

Une Belle Équipe, de Mohamed Hamidi

Après une bagarre, toute l’équipe de foot de Clourrières est suspendue jusqu’à la fin de la saison. Afin de sauver ce petit club du Nord qui risque de disparaître, le coach décide de former une équipe composée exclusivement de femmes pour finir le championnat. Cette situation va complètement bouleverser le quotidien des familles et changer les codes bien établis de la petite communauté…

C’est une très belle comédie française qui nous change des clichés et des blagues ambiance “Dédé au club med”. L’égalité entre les femmes et les hommes est abordée de manière très fine et avec des situations assez concrète pour convaincre un large publique que, oui les femmes peuvent faire du foot et oui, les hommes peuvent aussi s’occuper des tâches ménagères et des enfants ! Ce film est servi par un casting vraiment top : Kad Mérad toujours excellent, mais aussi Alban Ivanov (dans un rôle à mourir de rire, comme dans Le Sens de la Fête, Le Grand Bain, La Vie Scolaire), Céline Sallette excellente également, et aussi Laure Calamy (que j’avais adorée dans la série Dix pour Cent).

Si le sujet vous intéresse, je vous conseille également Comme des garçons, autre comédie sur le foot féminin et les difficultés rencontrées par les footballeuses, de Julien Hallard et avec Max Boublil, Vanessa Guide et Solène Rigot.

D’autres films qui m’ont beaucoup plu : Hors Normes (E. Toledano et O. Nakache), La Vie scolaire (Grand Corps Malade et M. Idir), Les Misérables (L. Ly), Opération Lune (W. Karel) et Les Éblouis (S. Suco).

3 séries que j’ai adorées

Le bureau des légendes (saison 5), d’Eric Rochant


On attaque la liste des séries que j’ai adorées avec Le Bureau des Légendes. On retrouve nos agents de la DGSE pour une cinquième – et a priori dernière – saison. Toujours à la recherche de Malotru, les agents sont sous pression et se retrouvent confrontés à leurs propres failles.
C’est peut-être ma saison préférée car on en apprend beaucoup sur la santé psychologique des agents et le contrecoup des violences endurées lors de leurs missions. Les relations entre les personnages sont fines, et le casting toujours incroyable (Mathieu Kassovitz, Florence Loiret-Caille, Joanathan Zaccaï, Mathieu Amalric, Sara Giraudeau).

Baron Noir (saisons 1 à 3), d’Eric Benzekri et Jean-Baptiste Delafon

Poursuivons ensuite la liste de mes séries coups de cœur avec l’énorme découverte que la série Baron Noir, servie à merveille par Kad Merad et Anna Mouglalis. C’est passionnant, on en apprend beaucoup sur les rouages de la politique : petit monde sortant des mêmes écoles, créant des alliances et retournant leurs vestes quatre fois par jour en fonction de leurs ambitions (ministre de l’écologie, président-e, secrétaire de parti…). Reste à voir qui retournera sa veste à temps. Ils critiquent aussi certains aspects de la politique actuelle, vous découvrirez par vous-mêmes !

The Morning Show (saisons 1 et 2), de Kerry Ehrin

Une série féministe pour terminer, j’ai nommé : The Morning Show. Réalisée par Kerry Ehrin (scénariste, réalisatrice et productrice américaine) et avec un casting de choc : Jennifer Aniston, Reese Witherspoon, Mark Duplass et Steve Carell (et mention spéciale à la superbe musique de générique de Benjamin Clementine)
On suit des journalistes d’une célèbre matinale américaine, après une plainte pour viol contre l’un des présentateurs vedette. Ce crime sera en effet le début d’une prise de conscience collective : la réalisatrice nous montre petit à petit pourquoi ces crimes n’ont pas été dénoncés plus tôt, et plus généralement pourquoi les crimes et agressions sexuels bénéficient d’une totale impunité dans le milieu télévisuel. De très belles critiques de la société et des personnages très attachants.

D’autres séries qui m’ont beaucoup plu : Working Moms (C. Reitman), Space Force (S. Carell, G. Daniels) et Stalk (S. Bouisson).

Mes coups de cœur musicaux

Suzane

J’aimerais tout d’abord vous présenter ma plus grande découverte de ce début d’année 2020 : la chanteuse Suzane et son premier album Toï Toï, publié en 2020. Des textes travaillés et militants, à l’image de la chanteuse elle-même militante (féminisme, écologie…). Elle critique aussi les réseaux sociaux et les injonctions diverses (minceur, bronzage, voyages à l’autre bout du monde)
Des titres pour la plupart très rythmés, dans une sonorité électro et avec des mélodies qui restent en tête trèèès longtemps ! Avis aux amateurs et amatrices, foncez écouter ce très bel album !

Phanee de Pool

Chanteuse, compositrice et autrice, Phanee de Pool est un petit OVNI suisse qui ravira vos oreilles. Mi-slam mi-rap, elle ” débite, déboîte, déroule, déballe, déambule, détonne, décale (souvent) et désarme (parfois)”. Avec des instrumentations très originales et un style de diction plein d’auto-dérision. Elle aborde entre autres thèmes, ses déboires en tant qu’artiste à Pôle emploi ou la banque, la violence conjugale, l’homo- et xénophobie, mais aussi sur l’amour ou la puberté.

Je vous conseille son album “Hologramme”, ainsi que ses deux singles “Bâton vanille” et “La Reine de la provoc” sorti en 2020.

Alice et moi

Enfin, troisième et dernière découverte musicale de cet article : la chanteuse pétillante et suave Alice et moi, qui a sorti son premier EP Filme-moi en 2017. Des titres rêveurs et mélancoliques pour une chanteuse au style très Parisienne hipster – tee-shirt large, casquette, peu de maquillage et à une jolie voix aiguë qui se pose sur des basses bien présentes.

De très beaux titres qui donnent envie de danser en portant des couleurs pastel !

Conclusion

Voilà, c’est tout pour aujourd’hui, j’espère vous avoir donné quelques idées de lecture/visionnage/écoute ! N’hésitez pas à me faire part en commentaires de vos dernières découvertes culturelles 🙂

Sources des images :

Livres
Miss Islande, de Auður Ava Ólafsdóttir : Cultura
Et le désert disparaîtra, de Maire Pavlenko : Cultura
De père en FIV, de William Roy : Cultura
Les deux vies de Baudoin, de Fabien Toulmé : Cultura
La salope éthique, de Dossie Easton et Janet Hardy : Babélio

Films
Wadjda, de Haifaa el Mansour : Allociné (2e image libre de droit)
Crip Camp, de N. Newbham et J. Lebrecht : IMBD
Une Belle Équipe, de Mohamed Hamidi : Allociné

Séries
Le Bureau des Légendes d’Eric Rochant : Première
Baron Noir de E. Benzekri et J-B Delafon : France24
The Morning Show de Kerry Ehrin : Filmstarts.de

CD et EP
Toï Toï de Suzane : suzane.lnk.to
Hologramme de Phanee de Pool : Exlibris
Filme moi de Alice et moi : Discogs